Pratiques funéraires : l’humusation ne sera pas pour tout de suite en Wallonie

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Date: jeudi 8 novembre 2018

Auteur(s): Éditions Vanden Broele

L’humusation -  cette pratique funéraire consistant à transformer progressivement un corps en humus – n’est pas encore au point. Le sujet soulève de nombreuses questions techniques et en est au stade de l’analyse et de la réflexion, a dit en substance la ministre chargée des Pouvoirs locaux, Valérie De Bue, le 27 octobre dernier.

La ministres répondait à une question orale en commission des pouvoirs locaux, du logement et des infrastructures sportives au Parlement wallon. Elle n’a pas exclu qu'un jour la réglementation wallonne s'ouvre à des méthodes alternatives de gestion des dépouilles, évoquant l'aquamation (un procédé de crémation qui utilise l'eau plutôt que le feu), la promession  (le corps est congelé et puis immergé dans de l’azote liquide) ou encore la résomation (la bio-incinération).

Pour ce qui concerne l’humusation, « considérer que cette pratique est écologique ne s'appuie, pour le moment, sur aucune étude relative à l'humusation des corps humains, lesquels ont un parcours alimentaire et médicamenteux qu'il ne faut pas négliger », a fait remarquer la ministre.

Soulignant la situation des communes parfois en sous-effectif pour la gestion des cimetières, elle estime  qu’il apparaît « peu pertinent » de leur imposer la création d'un espace dévolu à l'humusation, d’autant que cette pratique suppose un personnel formé au traitement des restes humains à plusieurs moments du processus de décomposition.

Il faut donc poursuivre la réflexion sur les terrains à allouer à cette méthode, leur nature, leur sécurisation, le voisinage des vivants, la formation du personnel, etc.

« Un certain temps est nécessaire avant d'aller plus loin au niveau d'une législation, le cas échéant », a conclu la ministre.

Communication en matière de renouvellement ou d’abandon de sépultures

Par ailleurs, un projet de décret (1) – adopté lors de la séance du 27 octobre en commission des pouvoirs locaux du Parlement wallon – adapte à  l’ère numérique la communication en matière de renouvellement et d’abandon de sépultures. Actuellement, la fin d’une concession dans un cimetière fait l’objet d’un affichage « papier ». Un système  que les promoteurs du décret jugent anachronique. Ils souhaitent donc que l’affichage ne soit plus l’unique méthode de communication avec la famille et proposent  l’envoi par courrier électronique des décisions relatives aux sépultures. L’objectif est que chaque commune, lorsqu’elle procède à l’attribution d’une concession ou d’une autorisation d’installer une sépulture, récupère et conserve l’adresse courriel du titulaire de la concession (qui souvent est un parent direct du défunt).

En vertu du texte, il n'appartiendra pas à la commune d'effectuer systématiquement les recherches en cas de modification des adresses mails, mais il reviendra aux familles de les communiquer. L’affichage sur la sépulture ne commencerait à courir qu'en l'absence de réponse du titulaire au bout d’un mois : il serait donc maintenu comme dernier recours, lorsque le titulaire de la concession est injoignable par courrier ou par courriel.

 

(1) http://nautilus.parlement-wallon.be/Archives/2016_2017/DECRET/612_1.pdf